J’ai vu mon fiancé avec son ex-femme et ses enfants : j’ai annulé le mariage – Mon histoire
« Tu ne comprends pas, Hélène ! Ce n’est pas ce que tu crois ! »
La voix de François résonne encore dans ma tête, tremblante, désespérée. Mais ce soir-là, dans la rue sombre devant l’immeuble de son ex-femme, je n’ai pas voulu l’écouter. J’étais restée figée sur le trottoir, la gorge nouée, les mains glacées. Je venais d’assister à une scène qui allait bouleverser ma vie.
Tout avait commencé quelques mois plus tôt. J’avais 48 ans, divorcée depuis longtemps, mes enfants déjà grands et partis vivre leur vie. Je croyais que l’amour était derrière moi, jusqu’à ce que je rencontre François lors d’un vernissage à la galerie d’art du centre-ville de Nantes. Il avait ce sourire doux, cette façon de me regarder comme si j’étais la seule femme dans la pièce. Rapidement, il m’a présenté à ses amis, m’a invitée à des week-ends sur la côte, et bientôt, il m’a demandé en mariage. J’étais heureuse, vraiment heureuse, pour la première fois depuis des années.
Mais François avait un passé. Deux enfants adolescents, une ex-femme, Claire, avec qui il disait entretenir des relations « cordiales ». Je n’ai jamais été naïve ; je savais que les familles recomposées étaient compliquées. Mais il me répétait sans cesse : « Tu es ma priorité maintenant. »
Ce soir-là, j’étais passée devant chez Claire par hasard. J’avais oublié mon écharpe chez François et je voulais la récupérer avant mon rendez-vous du lendemain matin. En arrivant près de l’immeuble, j’ai vu François sur le trottoir, entouré de Claire et des enfants. Ils riaient tous ensemble. Claire a posé sa main sur le bras de François, un geste tendre, familier. Les enfants se sont jetés dans ses bras en criant : « Papa ! Reste encore un peu ! »
Je suis restée cachée derrière un arbre, honteuse de me sentir jalouse, mais incapable d’avancer. J’ai observé la scène : François caressait les cheveux de sa fille, embrassait son fils sur le front. Claire le regardait avec une tendresse que je ne lui connaissais pas. C’était une famille. Leur famille.
Quand François est rentré chez lui plus tard dans la soirée, je l’attendais dans le salon. Il a tout de suite compris que quelque chose n’allait pas.
— Tu étais avec eux ?
— Oui… Hélène, écoute-moi…
— Tu leur as dit qu’on allait se marier ?
Il a baissé les yeux.
— Pas encore. Je voulais attendre le bon moment.
Un silence lourd s’est installé entre nous. J’ai senti la colère monter en moi.
— Tu n’as pas confiance en moi ? Ou tu n’es pas prêt à tourner la page ?
Il a secoué la tête.
— Ce n’est pas ça… C’est compliqué avec Claire… Les enfants ont du mal à accepter…
J’ai éclaté :
— Et moi alors ? Je fais quoi dans tout ça ? Je suis censée être ta priorité !
Il a tenté de me prendre la main mais je l’ai repoussée.
Cette nuit-là, je n’ai pas dormi. J’ai repensé à toutes ces petites choses qui m’avaient échappé : les messages tardifs de Claire, les excuses pour annuler nos sorties parce que « les enfants ont besoin de moi », les silences quand je posais des questions sur leur passé.
Le lendemain matin, j’ai pris une décision. J’ai appelé ma mère à Angers.
— Maman… Je crois que je vais annuler le mariage.
Elle a soupiré au bout du fil.
— Tu fais ce que tu dois faire pour être heureuse, ma chérie.
J’ai envoyé un message à François : « On doit parler. »
Quand il est arrivé chez moi, il avait l’air épuisé.
— Hélène… Je t’aime. Mais mes enfants passent avant tout.
J’ai souri tristement.
— Je comprends. Mais moi aussi, je mérite d’être aimée en premier.
Il a pleuré. Moi aussi. On s’est enlacés une dernière fois.
Les semaines qui ont suivi ont été un enfer. J’ai dû expliquer à mes amis pourquoi j’annulais tout alors que les invitations étaient déjà envoyées. Certains m’ont jugée : « Tu es trop exigeante », « Tu savais qu’il avait une famille », « Tu ne trouveras jamais mieux à ton âge ». D’autres m’ont soutenue en silence.
J’ai repris ma vie en main petit à petit. J’ai recommencé à peindre, à sortir seule au cinéma, à marcher le long de l’Erdre en écoutant le bruit du vent dans les arbres. Parfois je croise François en ville ; il me sourit tristement et je sens encore une pointe de douleur dans ma poitrine.
Mais je sais aujourd’hui que j’ai fait le bon choix. Je ne voulais pas être celle qui attend toujours qu’on lui fasse une place entre deux obligations familiales. Je voulais être aimée pleinement, sans compromis ni demi-mesures.
Est-ce trop demander ? Est-ce égoïste de vouloir être la priorité de quelqu’un ? Ou bien faut-il accepter de toujours passer après les autres quand on aime un homme déjà père ? Qu’en pensez-vous ?